lundi 14 septembre 2009

Les médias traditionnels et la dépendance de sentier - L'exemple du web 2.0

web 2.0

L’un de mes derniers billets portait sur l'exemple du journal La Presse. Je voulais illustrer le fait que la théorie de la dépendance de sentier, utilisé en stratégie d’entreprise, permettait d’expliquer les difficultés actuelles des médias traditionnels.

À ce sujet, je m’exprimais en ces termes :

« La Presse est une institution centenaire. Plus l’organisation est vieille, plus le sentier qu’elle a creusé est profond et plus il est difficile d’emprunter un nouveau sentier. Le modèle d’affaires est si ancien, et le nouvel environnement si différent qu’il est très difficile pour les dirigeants des journaux d’en développer un nouveau. »

Depuis la parution de ce billet, j’ai pu poursuivre ma réflexion et l’observation du comportement et des stratégies utilisées par les médias écrits et électroniques qui ne font que confirmer ce que j’exprimais.

Les médias traditionnels voient bien le potentiel d’Internet et de la montée du web 2.0, mais ils sont incapables d’y adapter un modèle d’affaires qui soit rentable. Pire, au lieu de se fondre dans ce nouvel environnement ils tentent d’y imposer leur ancien paradigme, d’où le constat d’échec.

Le sentier dans lequel ils se trouvent est vraiment, mais vraiment très profond.

Parlant du web 2.0, utilisons cet exemple précis.

« Le Web 2.0 désigne les technologies et les usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web, en particulier les interfaces permettant aux internautes d’interagir simplement à la fois avec le contenu des pages mais aussi entre eux, créant ainsi le Web social.

Cette expression lancée par Tim O'Reilly en 2004 s’est imposée à partir de 2007. »

Source : wikipedia.org

À la lumière de cette définition, il apparaît clairement que le web 2.0 et les médias sociaux sont intimement liés à la notion d’interactivité et de communication bidirectionnelle (Grunig).

Voyez l’utilisation de Twitter et des blogues de la part des médias. Bien sûr, ils y sont présents. Il y a nombre de journalistes et d’artistes sur ces réseaux. Il existe même une liste à peu près exhaustive vous permettant de les repérer. Par contre, regardez attentivement ces comptes et vous vous apercevrez que du point de vue de l’interactivité il faudra repasser.

Ils ont un nombre de followers assez important et un nombre de following restreint. La plupart du temps ils se suivent entre eux. Le message a au moins le mérite d’être clair : Mes tweets valent de l’or et merci de me suivre, mais vos tweets ne m’intéressent pas.

Ils utilisent une stratégie de « Push », tout comme ils le font habituellement avec le journal, la radio, et la télévision. C'est-à-dire qu’ils livrent un message, mais ils ne s’attendent pas à ce qu’une discussion s’ensuive. De façon générale, si vous les interpellez, je vous souhaite bonne chance pour vous faire répondre.

Dans ce contexte, pourquoi être présent sur Twitter? Pour être à la mode? À la page? Twitter est un média qui nécessite, que dis-je, qui exige de l’interactivité.

Je dois par contre nuancer mon propos afin d’octroyer une bonne note aux politiciens, qui, de façon générale, engagent plus facilement la conversation exploitant ainsi beaucoup mieux ce nouveau moyen de communication. De plus, vous remarquerez que le ratio followers/following est plus bas, signe qu’ils sont plus enclins à vous suivre en retour.

Autre exemple; les blogues des grands médias. Prenons Cyberpresse par exemple. Il y a toujours une tonne de commentaires suite aux différents billets, mais avez-vous remarqué que les auteurs n’y répondent que très rarement?

Pourtant, n’est-ce pas là toute la beauté d’un blogue par rapport à une chronique? Les blogues des grands médias : communication bidirectionnelle ou unidirectionnelle?

Je sais, difficile de répondre à autant de commentaires! Mais, d’un autre côté, c’est la rançon de la gloire. Et puis, qui a dit qu’il fallait répondre à tous les commentaires? L’objectif est de créer une discussion et de l’interactivité et ça, c’est tout à fait possible.

Il m’apparaît évident que la présence des médias traditionnels et aussi de plusieurs artistes sur le web 2.0 se fait selon un paradigme qui appartient au passé et non pas en fonction de la philosophie même du web 2.0.

Ne survivront à cette vague qui ceux qui iront dans le sens de celle-ci au lieu de la forcer à être ce qu’elle n’est pas.

Parlez-en à GM qui a voulu imposer sa propre vision des choses au marché et qui en paya le prix…..

Note: Merci à @DanyPaquin, @MindSix et @PierrotBergeron qui m'inspirèrent ce billet suite à nos discussions.

Source image: Flickr

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