jeudi 14 janvier 2010

Le gestionnaire du futur sera-t-il humain?

roobot vs human 

Depuis mon adolescence, je suis un grand amateur de romans, particulièrement ceux de science-fiction et de fantastique. Ainsi, je me suis régalé de plusieurs histoires mettant en vedette des robots ou, encore mieux, des supra ordinateurs devenant si puissants qu’ils en venaient à surpasser les humains. Isaac Asimov étant passé maître dans ce type de scénario.

Début 2010, la réalité dépasse-t-elle la fiction? Sommes-nous à la croisée des chemins? Pouvons-nous maintenant affirmer qu’il est préférable de se fier aux modèles mathématiques et aux ordinateurs afin de prendre des décisions y compris les décisions de gestion?

C’est pourtant la réflexion qui nous assaille l’esprit à la suite de la lecture du texte : « The Future of Decision Making: Less Intuition, More Evidence » écrit par Andrew McAfee paru sur le site du Harvard Business Review.

La démonstration de McAfee est éloquente. Son argumentation démontre que, même si l’intuition humaine est très souvent efficace, elle l’est moins que l’utilisation des faits, de la connaissance et de la science lorsque vient le temps de prendre des décisions.

D’ailleurs, toujours selon McAfee, que nous apprennent les recherches sur l’intuition :

  • Que le temps requis pour acquérir une bonne intuition est très long;
  • Que certains domaines sont plus propices à l’utilisation de l’intuition que d’autres;
  • Que l’efficacité de l’intuition est inconstante;

À cet égard, il est intéressant de constater que même les experts dans un domaine précis, lorsqu’ils émettent une opinion d'expert, offrent une performance variable tandis que cette même connaissance, intégrée dans un modèle mathématique ou un logiciel est largement supérieur.

  • Que l’être humain est enclin à se faire une idée rapidement;
  • Qu’il nous est difficile de savoir objectivement d’où nous viennent nos idées. D’une réelle connaissance ou d’un biais pernicieux?

Vous doutez de l’avantage de l’intellect sur l’intuition?

«But aren't there at least as many areas where the humans beat the algorithms? Apparently not. A 2000 paper surveyed 136 studies in which human judgment was compared to algorithmic prediction. Sixty-five of the studies found no real difference between the two, and 63 found that the equation performed significantly better than the person. Only eight of the studies found that people were significantly better predictors of the task at hand. If you're keeping score, that's just under a 6% win rate for the people and their intuition, and a 46% rate of clear losses.»

Ainsi, maintenant que la science nous permet d’intégrer nos connaissances à l’intérieur d’algorithmes, de modèles mathématiques et de logiciels. Maintenant que les processeurs sont en mesure de traiter cette information, il appert que ces techniques sont largement plus efficaces que le raisonnement humain et encore plus de l’intuition.

«Over time, we'll get more data, more powerful computers, and better predictive algorithms. We'll also do better at helping group-level (as opposed to individual) decision making, since many organizations require consensus for important decisions. This means that the 'market share' of computer automated or mediated decisions should go up, and intuition's market share should go down. We can feel sorry for the human experts whose roles will be diminished as this happens. I'm more inclined, however, to feel sorry for the people on the receiving end of today's intuitive decisions and judgments.»

De ce fait, comme l’exprime McAfee y a-t-il encore un avenir pour les gens de terrain? Les prochains emplois seront-ils exclusivement réservés aux scientifiques (ceux qui feront évoluer les modèles) et les informaticiens (ceux qui créeront les logiciels permettant de coder les modèles et de générer des réponses/décisions)?

Dans un tel environnement, quel sera l’avenir du management et des gestionnaires?

La première hypothèse qui me vient à l’esprit est que, dans un scénario comme celui-là, je vois un très bel avenir aux spécialistes en ressources humaines. La gestion des ressources humaines a toujours été considérée comme une discipline plus «molle» donc moins quantifiable, modélisable. Par contre, les disciplines plus «dures», telles la finance ou la gestion de la production, par exemple risquent de se modifier de façon substantielle.

Les auteurs de science-fiction étaient-ils en fait…des….prophètes?

Êtes-vous en accord avec les conclusions de McAfee?

Et si oui, selon vous, quelles en seront les conséquences sur la gestion des organisations?

Source de l'image: Łukasz Strachanowski

 

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